![]() |
La liberté des médias aide à transformer les sociétés Journée mondiale de la presse, le 3 mai |
Jeudi 03 mai 2012. Les journalistes du Sud-Kivu célèbrent la Journée mondiale de la liberté de la presse 2012 par une marche pacifique. Ils réclament que justice soit faite pour les assassins de Serge Maheshe, Didace Namujimbo et Koko Bruno et des défenseurs des droits de l'Homme.
Ils réclament des institutions de l’Etat et de son gouvernement, la garantie de la liberté d’expression et la sécurité des personnes, telle que le stipule la Constitution de la République Démocratique du Congo… Le 3 mai de chaque année, le monde entier commémore la journée mondiale de la liberté de la presse. A Bukavu, l’UNPC, Union Nationale de la Presse Congolaise - section du Sud-Kivu, a organisée une marche en mémoire des journalistes assassinés depuis 2007.
Celle-ci partie de la maison de la presse à Nyawera, a traversé l’avenue Patrice Emery Lumumba, artère principal de la ville, pour arriver au cimetière kilomètre 4 de la Brasserie où devant les tombes de leurs confrères, des parents, amis et journalistes vêtus de noir et rouge, se sont recueillis.
Il s’agit de Serge Maheshe assassiné le 13 juin 2007 et Didace Namujimbo assassiné le 21 novembre 2008, tous deux journalistes à Radio Okapi, Koko Bruno Chirambiza, journaliste à la Radio Star assassiné le 23 août 2009.
Les calicots portés par les journalistes et les défenseurs de droit de l’homme qui les accompagnaient reprenaient une série de question : « Pourquoi les menaces à l’égard des journalistes ?» « Pourquoi les présumés auteurs des assassinats des journalistes s’évadent des prisons ? » « Pourquoi des attaques contre les défenseurs des droits de l’homme ? »... Les journalistes du Sud-Kivu demandent que justice soit faite pour les assassins des journalistes et d’autres défenseurs de droit de l’homme assassinés comme Pascal Kabungulu, Georges Kateta, Floribert Chebeya et que les auteurs de ces meurtres soient punis de leurs actes. S’il y a des menaces à l’égard de la presse, les journalistes ne vont pas se taire, car ils ont mission d’informer sur l’actualité et sur les enjeux des situations, ici le droit à l’expression, la Justice (pas uniquement pour les journalistes), de dénoncer ce qui va et ne va pas dans la province et dans le pays.
Pour Solange Lusiku présidente de l’UNPC Sud-Kivu, les médias jouent un rôle indispensable dans la société.
M. Ban Ki-moon, secrétaire générale des nations Unies et de Mme Irina Bokova directrice de l’UNESCO soulignent que « la liberté de la presse est un de nos droits les précieux. Elle sous-tend toutes les autres libertés et constitue un des fondements de la dignité humaine. Des médias libres, pluralistes et indépendants sont indispensables à l’exercice de cette liberté. » Les changements intervenus dans le monde arabes ont mis en évidence le pouvoir des aspirations aux droits lorsque celles-ci s’expriment à travers les médias- nouveaux ou anciens. La liberté des médias nouvellement introduite promet de transformer les sociétés par un renforcement de la transparence et de l’obligation redditionnelle. Elle offre des nouveaux moyens de communiquer et de partager l’information et les connaissances. De nouvelles voix puissantes se font entendre en particulier chez les jeunes alors qu’elles étaient autrefois silencieuses. C’est pourquoi la Journée mondiale de la liberté de la presse 2012 a pour thème de nouvelles voix : « La liberté des médias aide à transformer les sociétés »… Dans un rapport publié le 28 décembre 2011 par l’organisation JED Journaliste en danger sur la liberté de la presse en RDC, JED dresse un tableau des plus sombres et demande au pouvoir en place de stopper les attaques dirigées contre les professionnelles de médias. 64 cas d’atteinte à la liberté de la presse ont été enregistrés en RDC depuis la fin des élections de novembre 2011.
En comparant les chiffres des cas recensés en 2011 et 2012, soit 29 cas de différence, JED constate que la liberté de la presse s’est détériorée de 83%.... Comment un pays peut-il se dire démocratique et en même temps ne pas garantir la liberté d’expression ?
Au moment où le nouveau gouvernement est mis en place, une loi de censure s’apprête à interdire la diffusion d’un film documentaire du réalisateur belge Thierry Michel sur les circonstances de l’assassinat d’un éminent défenseur des droits de l’homme feu Floribert Chebeya. La liberté d’expression et d’opinion est garantie par la constitution congolaise. Eliane POLEPOLE
|
|
Pour rappel, la Constitution prévoit en ses articles : 17, sur la liberté individuelle : Nul ne peut être poursuivi, arrêté, détenu ou condamné qu’en vertu de la loi et dans les formes qu’elle prescrit. Nul ne peut être poursuivi pour une action ou une omission qui ne constitue pas une infraction au moment où elle est commise et au moment des poursuites. 23, sur la liberté d’expression Ce droit implique la liberté d’exprimer ses opinions ou ses convictions, notamment par la parole, l’écrit et l’image, sous réserve du respect de la loi, de l’ordre public et des bonnes mœurs 24, sur l’information La liberté de presse, la liberté d’information et d’émission par la radio et la télévision, la presse écrite ou tout autre moyen de communication sont garanties sous réserve du respect de l’ordre public, des bonnes mœurs et des droits d’autrui. La loi fixe les modalités d’exercice de ces libertés. Les médias audiovisuels et écrits d’État sont des services publics dont l’accès est garanti de manière équitable à tous les courants politiques et sociaux. Le statut des médias d’État est établi par la loi qui garantit l’objectivité, l’impartialité et le pluralisme d’opinions dans le traitement et la diffusion de l’information. Sur l'organe de régulation, chapitre 2, article 212, il est prévu que le conseil supérieur de l’audiovisuel a pour mission de garantir et d’assurer la liberté et la protection de la presse, ainsi que de tous les moyens de communication de masse dans le respect de la loi. Il veille au respect de la déontologie en matière d’information et à l’accès équitable des partis politiques, des associations et des citoyens aux moyens officiels d’information et de communication. |
|
| Haut de page | |